09/07/2026
Jean-Guy, la pêche dans le sang
Il y a des hommes qui prennent leur retraite.
Et puis, il y a ceux qui prennent leur retraite de leur métier… sans jamais prendre leur retraite de la pêche.
Jean-Guy fait partie de ceux-là.
Pêcheur de homards aux Îles-de-la-Madeleine, il a passé près de 40 ans de sa vie sur son homardier, à affronter les humeurs da la mer, les vents, les marées et les longues journées de travail. Depuis 2012, la santé l’a forcé à laisser derrière lui son bateau et cette vie qu’il avait connue pendant des décennies.
Mais elle n’a jamais réussi à lui enlever ce qui coulait dans ses veines.
Parce qu’un pêcheur, ce n’est pas seulement un métier. C’est une façon d’être.
Et aux Îles, ils sont nombreux à porter cette définition. Des hommes et des femmes qui, année après année, se lèvent tôt, travaillent fort et mettent tout en œuvre pour gagner leur pitance. Même lorsque les récoltes sont bonnes, ils savent mieux que quiconque qu’il faut prévoir. Parce qu’une saison ne ressemble jamais tout à fait à la précédente et que les paniers, comme les portefeuilles, ne se remplissent pas toujours de la même façon.
Pourtant, malgré près de 15 années de retraite, Jean-Guy est encore là.
À chaque ouverture.
Parce que son sang lui réclame cette adrénaline que bien des pêcheurs connaissent. Cette fébrilité qui monte avant 5 h 00 du matin. Le silence avant le départ. Puis le signal. Les moteurs qui s’allument. Les homardiers qui quittent le quai et prennent le large pour aller déployer leurs cages.
Jean-Guy n’est peut-être plus à la barre de son bateau, mais une partie de lui y est encore.
C’est probablement ça, être pêcheur dans l’âme.
Et si vos pas vous amènent un jour aux Îles-de-la-Madeleine, prenez le temps de faire un détour par « La Shed à Jean-Guy ».
Vous y trouverez beaucoup plus qu’un endroit où arrêter.
Vous y trouverez Jean-Guy, des histoires, des souvenirs, des rencontres… et cette authenticité propre aux gens de la mer.
Des gens d’ici et d’ailleurs qui se croisent, discutent et partagent.
Et je vous le garantis : une rencontre avec Jean-Guy pourrait bien devenir l’un de ces petits moments qui marquent un séjour longtemps après avoir quitté les Îles.
Parce qu’au fond, certains hommes prennent leur retraite.
Mais la mer, elle, ne prend jamais sa retraite dans leur cœur.