13/06/2026
Le marché de la plaisance sur la Côte d’Azur reste dynamique, mais les habitudes des plaisanciers évoluent rapidement.
Les professionnels du secteur constatent un recul progressif de l’attrait pour la propriété au profit de solutions fondées sur l’usage, la location et les services à la demande.
Dans les ports du Var, où les listes d’attente peuvent encore atteindre plusieurs années, les places demeurent pourtant rares et recherchées.
Les contrats annuels restent la formule la plus avantageuse pour les usagers réguliers, tandis que les ports à sec gagnent en popularité grâce à leurs coûts plus faibles et à une meilleure sécurité.
Selon Richard Gibeaud, vice-président de la Fédération des industries nautiques Provence-Alpes-Côte d’Azur, les nouveaux consommateurs souhaitent désormais profiter du bateau sans supporter les contraintes administratives, financières et logistiques liées à la propriété.
Une tendance confirmée par des études d’opinion qui montrent un intérêt croissant pour une consommation du nautisme fondée sur l’expérience plutôt que sur la possession.
Cette mutation concerne un secteur économique majeur : la plaisance représente à elle seule 1,5 milliard d’euros d’activité dans la région, tandis que le yachting génère 1,1 milliard d’euros supplémentaires et plus de 10 000 emplois directs et indirects.
Les professionnels du nautisme s’inquiètent toutefois de l’accumulation des contraintes réglementaires et fiscales : ils pointent notamment les débats autour du service Uber Boat et de la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (TAEMUP), estimant que ces mesures pourraient réduire l’attractivité du littoral français.
Selon eux, un durcissement excessif du cadre applicable à la plaisance pourrait inciter une partie de la clientèle à se tourner vers d’autres destinations méditerranéennes comme la Sardaigne, l’Espagne, la Croatie ou la Grèce, avec des conséquences directes pour l’économie touristique locale.