11/05/2026
Il y a quelques jours j'ai appris le décès de Baby. Elle ne vivait plus au Marjoulet depuis un peu plus de 8 mois parce que les aléas de la vie m'ont obligé à réduire le nombre de mes pensionnaires.
Mais j'avais de ses nouvelles grâce à cette relation qu'elle avait construite entre sa propriétaire et moi.
Certains disaient de Baby qu'elle était une "bête à chagrin". Toujours un problème de santé, un truc insoluble, inclassable.
Peut-être bien... mais ce n'était pas innocent.
Baby, à travers les épreuves qu'elle a traversées, était une tisseuse de liens. Tout au long de sa vie, elle a rassemblé des femmes autour de ses mésaventures. Elle a fait se rencontrer des cœurs, elle a créé une toile de sororité, d'amitiés non nommées, de solidarité en filigrane.
Elle nous a poussées à nous interroger, nous remettre en question, nous dépasser, y croire, faire, échouer, recommencer, se réinventer, la rencontrer, nous rencontrer.
Alors oui, dans notre vision d'humains, sa vie a été infiniment trop courte et injustement compliquée. Mais je suis certaine qu'elle s'en est allée en pleine réalisation de cette mission qu'elle a menée avec un courage et une générosité immenses.
Elle a amplement mérité chaque instant de bonheur que nous aurons su saupoudrer sur son parcours.
Baby est une grande dame qui s'envole vers ailleurs.
Une aussi grande dame que les deux femmes qui ont bâti les fondations puissantes de sa vie, Jocelyne et Sarah.