Hotel La Louisiane

Hotel La Louisiane Bookings my email or phone Wifi haut-débit inclus. Plusieurs salles de réunion: 65m2, 50m2 et 45m2. Deux escaliers et deux ascenseurs. Excellente literie.

Hotel La Louisiane, in the heart of Saint-Germain-des-Prés since 1823, the oldest hotel in Paris, has been a haven for renowned writers, artists, musicians, filmmakers, poets, and mostly travellers from all over the world. Chaque jour ici, sur notre page HôtelLaLouisiane, nos articles et photos racontent notre actualité, notre histoire et autour présentent restaurants, cafés, galeries, événements

et la vie à Saint-Germain-des-Prés :
https://lnkd.in/eP-fz8T

Nuit d'hôtel en chambre simple, double (à 2 lits simples ou un grand lit), triple, quadruple, quintuple, sextuple ou Suite de 2 pièces. Emplacement de parking réservé sur rue (sur requête préalable uniquement). Chambres sur rue ou sur une cour intérieure au calme. Réception ouverte 24h24, enregistrement rapide. Téléphone +33 (0) 144 321 717

Encore merci Laurent Doucet pour ce texte si magnétique, si riche, qui a l'honneur de présenter la revue Littérature-Act...
05/09/2026

Encore merci Laurent Doucet pour ce texte si magnétique, si riche, qui a l'honneur de présenter la revue Littérature-Action et d'introduire le numéro spécial "La Louisiane-le dernier des hôtels littéraires", n°10, janvier-mai 2021.).

LE DERNIER HOTEL LITTERAIRE

« trouver le lieu et la formule.»
Arthur Rimbaud.

A l'heure où fleurissent les pseudo hôtels « à concept » ou à « ambiance artistique », avec parfois une « déco inspirée » de manière thématique par un écrivain renommé du passé, en lien avec une « entreprise d'événementiel » c'est à dire de marchandisation touristique, l'hôtel La Louisiane situé au coeur de Saint-Germain-des-Près fait figure d'ultime barricade de l'imagination. Par un choix éthique rare, évoqué par son actuel directeur Xavier Blanchot dans le documentaire* consacré à l'hôtel par le réalisateur Michel La Veaux, ce lieu promis à toutes les récupérations financières et mercantiles résiste, comme une sorte d'arche de créateurs plus ou moins anonymes, quelque soit leur place ou leur fonction. Il faudrait presque d'ailleurs revoir le terme même « d'économie » à partir du mode de production po-éthique de La Louisiane. Oikos nomos en grec, qui signifiait « l'ordre dans la maison ». Une gestion familiale depuis quatre générations, accueillante aux différences non sans anecdotes tonitruantes et singulières, et qui vit se succéder selon son site Internet** de nombreux grands artistes depuis Verlaine, le premier référencé au XIXème siècle (cf le résumé page suivante).

Lieu de pas-sages

Lieu tiers propice aux créations de l'esprit et aux plaisirs, comme cet espace médian situé entre le Ying et la Yang et souvent oublié dans la vision binaire occidentale du zen.

Hôtel jazz situé non loin du Beat hôtel aujourd'hui relégué à un lieu de mémoire rue ci gît le coeur.

Ce n'est pas un hasard non plus que s'y installèrent les premières start-up de l'informatique française. La Louisiane est un incubateur de désirs par ses chambres sans charme, propices à tous les imaginaires. Nul charme en effet n'agit ici pour vous détourner de la rêverie qui vous habite, pas de télévision, pas de confort excessif. « Pas de design » comme le dit si justement Olivier Py. Juste l'essentiel d'une bonne réception : une écoute sans effet excessif de clientélisme.
S'il « n'y a plus d'après » à Saint-germain-des-Prés » comme le chante Juliette Greco qui logea à La Louisiane comme Simone de Beauvoir, Sartre, Miles Davis, etc. c'est que l'on cesse de s'y désirer ailleurs pour reprendre la célèbre formule d'André Breton. Ce n'est pas nostalgie d'un passé définitivement révolu mais promesse d'un présent certes nourrit de ce passé, mais toujours à inventer de manière vivace à partir des créations de chacun.
Dans notre première partie intitué « Gens de La Louisiane », c'est un Hôtel des images qui se découvre comme tous ces merveilleux photographes, cinéastes et poètes actuels résidents plus ou moins par intermittence dans les lieux : Etienne Daho, HNRK, Achille La Plante Le Brun, Michel La Veaux, Fabien Mara, Emilie Molinero, Sunny Suits ; dont vous découvrirez des étapes de travail dans ce dossier.
Dossier labyrinthique et foutraque à l'image de la géographie de l'hôtel, « psychédélique » (selon Tarantino), Jazz (selon Tavernier), théâtre des opérations langagières (selon Franck Lepage) « boîte de Pandore » selon Nathalie H. de Saint-Phalle “.
Il n'y a pas de plus beau mot dans la langue française que le mot « hôte ». Il définit à la fois celui qui est accueilli comme celui qui reçoit, dans une Egalité presque parfaite. L'hôtel La Louisiane y adjoint dans une tradition française très révolutionnaire et impossible l'une de ces « fraternités discrètes » dont parlait Lacan, lieu ou la Liberté de créer ou non son chemin de vie peut poser ses valises de mots.
La Louisiane est un lieu viscéral pour celles et ceux qui recherche un nouveau ventre dans Paris après la disparition des Halles. Non plus cathédrale populaire d'acier, comme la mère de l'ère industrielle dévorant ses propres enfants après les avoir nourrit ; mais un simple angle de rue ouvert sur le monde. Un nouvel angle de vue pour un nouveau départ, arche pour de drôles d'animaux créateurs en mal d'ancrage.
Le côté cours est plutôt calme et apollinien, les côtés rues de Buci et de Seine, plus dyonisiaques. Doctor Bucci et Misstress Seine, L'Hôtel La Louisiane est un lieu double voire triple et troublant, à plusieurs faces et émouvant, avec ses quatres murs bien réels et un cinquième invisible qui donne non sur un public mais sur l'imaginaire de tous ceux qui s'y projettent. Un refuge plutôt bon marché pour les gens qui travaillent à Paris ou dans le quartier, et un lieu d'invention artistique et de sociabilité pour ceux qui y résident plus longtemps à la recherche de l'inspiration ou d'une âme errante comme la Nadja*** du Sphinx hôtel. Les fantômes de La Louisiane veillent sur tous, même sur ceux qui ne les connaissent pas. Et puis il y a les toits de Paris depuis son sommet. « Ses toits c'est toi »**** écrivit André Breton à propos d'une autre lieu, dans une autre auberge…
Dans la deuxième partie de notre livraison intitulé « Femmes de la Louisiane », les textes d'Isabelle Doucet, Julie Lautier et Charlotte Saliou, nous montre comment cet hôtel refondé par une femme il y a quatre générations contre le sors commun d'inféodation au patriarchat fait alors à son sexe, est devenu depuis un orchestre de chambres pour soi pour reprendre la célèbre formule de Virginia Woolf, où chacune peu jouer une par une sa partition tout en pariant sur l'écoute de l'autre. Un hôtel de femmes qui déménagent aussi pour rendre hommage dans ces lignes introductives aux femmes de ménages victorieuses de l'Ibis hôtel des Batignolles en lutte pour leur dignité.
Point « d' Hôtel des Arts » ou « des Artistes » ici mais un lieu habité et non surchargé, un hôtel oxymore, un lieu d'associations secrètes, un labyrinthe sans fil d'Ariane ni Minotaure autre que celui qui est en vous indomptable à jamais. Irréductible, La Louisiane est un lieu d'irréductibles, ancien cimetière de druides gaulois sur la carte de l'ancienne Lutèce. Les clients de l'hôtel évoluent tels les passagers clandestins d'une maison de rendez-vous cachant l'ultime Complot de saltimbanques légué par Cossery. Rejoindre la conspiration louisianaise, c'est pactiser avec la tribu impossible des infidèles et des mécréants, des mauvais citoyens et des bons camarades, compagnons de route toujours désordonnés et indisciplinés comme le plan de l'hôtel dont les sorties de secours donnent non sur une impasse mais un tournant, et dont les catacombes vous mèneront jusqu'à un caveau de jazz vaudou et ses cérémonies souterraines, par nouveaux temps de couvre-feu.

* Michel La Veaux, Hôtel La Louisiane, DVD Renaud-Bray / Archambault, 2015

** www.hotel-lalouisiane.com/frhistoire.php

*** André Breton, Nadja, 1928, 1963 (Folio Gallimard)

**** André Breton, dédicace au Livre d'Or des Amis de la commune de Saint-Cirq-Lapopie, 1950

Laurent Doucet Saint Germain des Pres Hotel La Louisiane

L'Hôtel La Louisiane est fier d'avoir accueilli la première réunion du Prix Rive Gauche à Paris qui a permis de sélectio...
04/09/2026

L'Hôtel La Louisiane est fier d'avoir accueilli la première réunion du Prix Rive Gauche à Paris qui a permis de sélectionner dix romans français, des oeuvres de littérature étrangère traduites et des revues.
La réunion s'est déroulée dans la joie, la connivence et l'échange. Longue vie au prix Rive Gauche à Paris ! Merci à sa fondatrice pour sa confiance : Laurence Biava

Les membres du jury : Anne Vassivière, Marianne Jaeglé, Florence Marguerie, Jean-Maurice de Montremy, Jean-daniel Belfond, Charlotte Saliou, Pia Petersen, Gilles Paris, Harold Cobert, Nathalie Bianco Jean-Pierre Lanos, Bruno Girardon, Marie-Amélie Rigal, Pierre Vavasseur, Michel Bouet**d, Audrey Le Roy-Coscas, Aymeric Patricot,

Pêle-mêle sont sélectionnés Cecile Chabaud, Thomas Morales, Anne Godard, Franck Courtès, Andreas Becker Cyrille Falisse,

Editions Zoé Éditions Albin Michel Violette VillardEditions StockSabine Wespieser éditeur Syrtes Sabine
Editions Des Instants Editions Julliard Actes Sud


Patrice Jean

Rendez-vous mercredi 2 septembre à l' Hotel La Louisiane pour la soirée de lancement "Les secrets de Talleyrand" (Editio...
01/09/2026

Rendez-vous mercredi 2 septembre à l' Hotel La Louisiane pour la soirée de lancement "Les secrets de Talleyrand" (Editions des 1001 nuits)

"On lui a prêté mille mots. Ce livre a choisi les siens. Dans ce recueil de citations authentiques, Talleyrand apparaît dans toute sa vérité : homme de style, homme d’influence, homme de pouvoir. Il parle d’amour, des femmes, de politique, de la France, de la Révolution, de Napoléon, de diplomatie avec une intelligence, une élégance et une cruauté polie qui n’appartiennent qu’à lui. Un voyage dans l’esprit d’un personnage légendaire".

Édition établie par le Centre Talleyrand-Préface de Jean-Charles Brisard, président du Centre Talleyrand.

Saint Germain des Pres

FAKE NEWS !Longtemps nous avons cru que cette photographie de Brigitte Bardot avait été prise sur le toit de l'Hotel La ...
28/08/2026

FAKE NEWS !
Longtemps nous avons cru que cette photographie de Brigitte Bardot avait été prise sur le toit de l'Hotel La Louisiane en 1952 par Walter Carone. Coup de bluff ou erreur pour nous, puisque BB pose en fait sur le toit de ses parents (selon cette source). Nous en sommes tristes et décus même si sa beauté nous console.
Si rêver est plus fort que tout, nous n'avons plus aucunes raisons de nous inquiéter : Aimons nos légendes, nos maladresses, nos pas de cotés : Attention cependant à ne pas tomber dans le vide !

fans Saint Germain des Pres

L'animatrice Mélissa Theuriau présente la célèbre photo de « Brigit...

Prix Rive Gauche à Paris - un prix littéraire au jury de plus en plus prestigieuxPour cette édition 2026, l'écrivaine, p...
24/08/2026

Prix Rive Gauche à Paris - un prix littéraire au jury de plus en plus prestigieux
Pour cette édition 2026, l'écrivaine, poétesse et parolière Charlotte Saliou rejoint le jury du Prix Rive Gauche à Paris, crée par la talentueuse Laurence Biava en 2011. Quel honneur et surtout quelle reconnaissance pour Charlotte, que l'hôtel La Louisiane félicite.

Le jury devra sélectionner plusieurs romans qui privi­légient la fiction en s'inspirant de l'esprit de la rive gauche et de son épicentre, Saint-Germain-des-Prés, au coeur duquel est situé l'Hôtel La Louisiane.
Deux romans seront primés :
- une œuvre en français, et
- une œuvre étrangère, pour sa traduction en français.

En bonus, un troisième prix sera décerné à une revue littéraire, particularité qui est assez rare parmi les milliers de prix littéraires existant.

Sur quels critères doivent être choisies ces oeuvres par le jury ? Tout simplement, tous ces livres sortis entre janvier et septembre 2026 devront être portés par la magie des mots de la chanson d'Alain Souchon : Rive Gauche à Paris

Oh mon île, Oh mon pays
De musique et de poésie
D'art et de liberté éprise...

Le prix sera parrainé par PATRICE JEAN qui est écrivain, professeur de lettres modernes et qui publie cette rentrée d'août 2026 au Cherche-Midi : « Stay free »

Rendez-vous en décembre pour connaître les trois lauréats, même si le prix sera décerné... Rive droite ! Personne n'est parfait, Honni soit qui mal y pense.

Liste des membres du jury, que l'on ne présente plus :
FABRICE GAIGNAULT
ANNE VASSIVIÈRE
FLORENCE MARGUERIE
AYMERIC PATRICOT
BRUNO GIRARDON
MARIANNE JAEGLÉ
PIA PETERSEN
NATHALIE BIANCO
MICHEL BOUETARD
AUDREY LEROY-COSCAS
HAROLD COBERT
PIERRE VAVASSEUR
JEAN-DANIEL BELFOND
GILLES PARIS
JEAN-PIERRE LANOS
JEAN-MAURICE DE MONTREMY
MARIE-AMÉLIE RIGAL

et CHARLOTTE SALIOU :
https://www.linkedin.com/in/charlotte-saliou-968580a1/
Photo de Mario Ghabali pour La Louisiane

« Ne travaillez jamais » Quand Sartre et Beauvoir quittent Montparnasse et son café "le Dôme" pour se rapprocher de Sain...
17/08/2026

« Ne travaillez jamais »

Quand Sartre et Beauvoir quittent Montparnasse et son café "le Dôme" pour se rapprocher de Saint-Germain-des-Prés, ils s’installent à l’hôtel La Louisiane où quiconque peut négocier le prix de sa chambre et la payer au mois.
C’était en 1943, pendant la guerre, en hiver. Marthe, talentueuse tôlière se fournit en charbon sur le marché noir. Il fait bon à la Louisiane, les chambres sont bien chauffées. Sartre a ainsi tout le loisir d’y penser, et Beauvoir de commencer à écrire son œuvre romanesque, l’illustration de son féminisme. Mais, entre les murs de la Louisiane, ce n’est pas toujours studieux : les vagabonds et les artistes testent la vie, ils expérimentent leurs idées et les confrontent. Ils les font chair. Tous s’incarnent en voyageurs, une identité parfaite pour les êtres les plus farouches. L’écriture bien sûr s’unit aux plaisirs sensuels et sexuels… De jeunes étudiantes, amantes de Beauvoir la rejoignent chambre 10, où la belle agrégée de philosophie écrit, se repose et reçoit. Au travers des couloirs dédales de la Louisiane, les portes des chambres s’ouvrent et se ferment. Les résidents se rejoignent avant le couvre-feu à 20H. Les longues fins de journées consacrées à la séduction et aux conversations ont lieu au Flore. Ils sirotent ersatz de Café ou Viandox avant de se faufiler sous les draps pour y prendre du plaisir. En 1943, cette clic avançait doucement ses pions sur l’échiquier des libertés.
Cette forme d’anti-conformisme se jouait à La Louisiane. Sartre y étudiait, y déversait son encre, le soir. Ses mains bien au chaud, il ne craignait pas les engelures, les crampes, ni les paralysées momentanées. Au Flore, il fréquentait Prévert lors du tournage des Enfants du Paradis. Mouloudji, Vian, Cazalis s’installaient à sa table pour écouter ses récits. On transmettait, on vivait de plaisirs, de la Noce, des amours nouvelles. Cet assemblage improbable détonait, mais fut essentiel pour la jeunesse d’après-guerre qui put poser ses deux pieds sur un sol fou et faire carrière. Vivre devint une urgence, une récréation très instructive...
Quelques années passent, on lit sur les murs de la rue de Seine et ceux de la rue de Buci « Ne travaillez jamais ». L’auteur de ses mots, le prophète en question, c’est Guy Debord, le punk de Saint-Germain-des-Prés, celui qui ria la morale bourgeoise en prenant des postures génialement détestables, peu sérieuses. Beaucoup préféraient alors aux raideurs de la pensée, les questionnements, l’inspiration. Pour mieux écrire, afin que de nouvelles muses vous effleurent les mains, il fallait obéir à ces nouvelles injonctions, et quitter les routines, la vie familiale, le rôle qui domestique.

Saint Germain des Pres Hotel La Louisiane

Souvenir de légende : Le Prix de Flore fêté à l'Hôtel La Louisiane   Paris désert, ville invraisemblable… Durant de long...
16/08/2026

Souvenir de légende : Le Prix de Flore fêté à l'Hôtel La Louisiane

Paris désert, ville invraisemblable… Durant de longs mois, nous avons été confinés. Dans les rues, nous assistions à la remise en forme des Parisiens travestis en coureurs, en cyclistes. Des citadins faisaient leurs courses, aux heures permises. Le spectacle d’un drame mondial se jouait sous nos yeux. Le gouvernement diffusait ses annonces à la télévision ; nous espérions, à chaque allocution du Président de la République, le lever du confinement. Nous rêvions de retrouver notre liberté, celle de nous promener, d’aller travailler, de rencontrer nos amis, notre famille et faire la fête. Durant ces longs mois, l’hôtel la Louisiane est resté ouvert ; quiconque pouvait y louer une chambre. Les prix, ultra remisés jamais ne furent plus concurrentiels ! Certains chanceux purent dormir pour seulement trente euros. La Louisiane n’a pas tant de mérite, elle n’a pas bravé les interdits en ouvrant ses portes, en demeurant un commerce actif.
En effet, son statut juridique est le même que celui des appartements en location : une nuitée est vendue avec une taxe de séjour entre deux parties, le bailleur et le « locataire », celui que l’on appelle, le « voyageur ». C’est ainsi que l’hôtel, ce gros paquebot de la rue de Seine et de la rue de Buci vogua sur les flots durant de longues semaines. Entre ses murs, résidaient des femmes et des hommes lassés de vivre sous le même toit que leur moitié, du personnel soignant, des êtres en quête de liberté.
A l’automne 2020, des rencontres discrètes et des soirées illicites se déroulaient dans les appartements parisiens. Un soir, les lumières du 60, rue de Seine ont brillé t**d dans la nuit : plusieurs dizaines de parisiens ont déambulé dans les couloirs dédales de l’hôtel, leur verre à la main. Ils étaient venus fêter le Prix de Flore décerné à Thibault de Montaigu pour son roman, "la Grâce", édité chez Plon. A la demande de Fréderic Beigbeder, fidèle voyageur de l’hôtel, le Prix a été remis sur le toit-terrasse par les membres du jury. Puis, la soirée s’est éternisée. Des silhouettes venues d’on ne sait où, toutes fondues dans ce même désir de s’amuser et de rire à la face des obligations citoyennes se faufilaient de chambres en chambres pour y trouvaient l’amour ou d’autres grâces. Les conversations quittèrent le ton morne qui habillait les mots. Les sourires se dessinèrent à nouveau sur les visages. Certains, par magie, reprirent des couleurs. La littérature fut un beau prétexte : elle permit de raviver les humeurs. Etrange d’ailleurs, dans cet état de déconfinement momentané, dandys et élégantes, faux poètes et noceuses, en tombant le masque, formèrent un groupe assez homogène. Tout ce beau monde semblait heureux, tout simplement. Le besoin de se réunir était grand, il était vital de faire la fête. Puis, la vie et son sérieux, ses routines, reprirent le dessus, le Flore accueille son prix là où il fut créé, à sa place, dans son nid, au Café, boulevard Saint-Germain. Les années se succèdent. Le livre initie la fête. Quelques convives, voyageurs de la Louisiane dansent alors sur les tables et partagent un rock. Les lendemains, les clients de la librairie « l’écume des pages » découvrent le livre star de la soirée dans les librairies, il est alors recouvert de son ruban rouge.

Ces deux institutions germanopratines où Sartre écrivait sont à quelques centaines de mètres l'une de l'autre, au coeur de Saint-Germain-des-Prés.

Prix de Flore
Hotel La Louisiane

🔴 À La Louisiane, on déroule le tapis rouge.Un nouveau tapis vient de prendre place devant notre grande porte de la rue ...
15/08/2026

🔴 À La Louisiane, on déroule le tapis rouge.
Un nouveau tapis vient de prendre place devant notre grande porte de la rue de Seine : rouge, bien sûr, frappé du nom de l’Hôtel La Louisiane et de la date de notre fondation à laquelle nous tenons tant : 1823. Celle du plus ancien des hôtels de Paris.

Deux siècles d’histoires, de voyageurs, d’écrivains, d’artistes, de nuits parisiennes et de conversations qui se prolongent jusqu’au matin.
Le rouge, à Saint-Germain-des-Prés, n’est d’ailleurs jamais tout à fait une couleur innocente.

C’est le rouge des taureaux de Picasso, qui ne peignait pas dans sa chambre, mais à quelques pas d’ici, rue des Grands-Augustins.

C’est le rouge révolutionnaire de Danton, dont la statue veille toujours sur le carrefour de l’Odéon, et celui des bonnets phrygiens de ceux qui rêvaient de refaire le monde. Camille Desmoulins, le grand journaliste de la Révolution, habita dit-on à La Louisiane avec d'autres membres du Club des Cordeliers.

C’est aussi le rouge politique d’un Saint-Germain où Jean-Paul Sartre, au temps des grandes passions idéologiques du XXe siècle, pouvait brandir le Petit Livre rouge de Mao tandis que, quelques tables plus loin, on discutait philosophie, littérature et révolution jusqu’à la fermeture des cafés.

C’est le rouge des lèvres de Juliette Gréco, reine des nuits de Saint-Germain.

C’est le rouge des rideaux des théâtres qui une fois refermés, laissaient Georges Wilson, Eva & Adele, Robert Le Page regagner leurs chambres,

C’est aussi le rouge sang de Quentin Tarantino, habitué de La Louisiane, cinéaste qui en a fait presque une couleur à part entière : éclatante, excessive, jubilatoire, jaillissant de l’écran comme dans Kill Bill. Lui a foulé le tapis rouge du Palais des Festivals de Cannes pour recevoir sa Palme d'Or, qu'il ramena fièrement à La Louisiane.

Et puis il y a le rouge incandescent de Jim Morrison, autre hôte de La Louisiane : rouge du rock, de la poésie, de la révolte et de cette flamme qui brûle vite mais laisse longtemps sa trace.

C’est le rouge des néons et des enseignes qui s’allument lorsque tombe la nuit sur la rue de Buci et les rues de la Soif.

Et puis, heureusement, c’est aussi un rouge beaucoup moins révolutionnaire : celui du vin 🍷 que nos voyageurs aiment partager dans nos salons ou rapporter dans leur chambre, après avoir parcouru Paris toute la journée.

Un rouge qui aurait sans doute convenu à Saint-Exupery, à Hemingway, à Henry Miller, à Simone de Beauvoir, à Sartre, à Camus, à Miles Davis, et à tous ceux qui ont fait de Saint-Germain-des-Prés un endroit où l'on venait autant pour vivre que pour dormir.

Aujourd’hui, le rouge commence donc à nos pieds. Notre grande porte l’était déjà. Et, qui sait, peut-être qu’un jour prochain toute la façade de La Louisiane se mettra elle aussi au rouge…

Après tout, depuis 1823, La Louisiane a appris une chose : à Paris, il faut parfois savoir garder ses couleurs.

❤️ Hôtel La Louisiane — Saint-Germain-des-Prés — depuis 1823

Elisée Blanchot & Marthe et Alazay, les tauliers de l'hôtel La Louisiane Quand le jurassien Elisée, le grand-père de Xav...
14/08/2026

Elisée Blanchot & Marthe et Alazay, les tauliers de l'hôtel La Louisiane

Quand le jurassien Elisée, le grand-père de Xavier, décède, sa veuve, la normande cauchoise Marthe Blanchot reprend courageusement les rênes de l’institution germanopratine, alors qu'elle est mineur à moins de 21 ans. Avec elle, l’hôtel La Louisiane traverse les années de la deuxième guerre mondiale et l’Occupation allemande de Paris. Depuis sa chambre au sixième étage, elle voit son hôtel se remplir d’écrivains compliqués, d’artistes sans le sou, de proscrits de l'Etat français pétainiste et de réfugiés du totalitarisme. De loin, Marthe assiste à la création de la revue des Temps Modernes, ainsi qu’aux répétitions de Huit Clos, elle voit émerger les thèses existentialistes avec Jean-Paul Sartre, le féminisme avec Simone de Beauvoir puis l’absurde avec Albert Camus. Ces intellectuels sont des clients qui la respectent pour son courage et la force de ses bras travailleurs. Mais son monde intérieur, qu’en dire ?

Ses proches, survivants du siècle dernier, la présentent comme une femme déterminée, sévère. Elle n’aurait pas laissé des balivernes freiner ses ambitions. A l’horizon, elle voyait sa réussite. Elle y parvint puisque l’hôtel devint iconique grâce aux artistes qu’elle fit entrer entre ses murs. Femme et seule dans son château au 60 rue de Seine, elle ressentit le désir de trouver un mari, un homme qui puisse venir à sa rescousse face aux résidents violents.

Ce compagnon, elle le rencontre au Café Mondrian à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Seine (aujourd'hui disparu), à quelques mètres de La Louisiane, il s’appelle Alazay. Son corps lourd la rassure. Son expérience de limonadier la convainc. Il revient d’Indochine où un paquebot a transporté de riches voyageurs. Il y était stew. L’homme n’a pas grand-chose à dire mais sa ténacité, son bon sens ainsi que ses ambitions matérielles le hissent à la hauteur : il devient rapidement son mari.

Gréco, Cazalis, Vian croisent Raymond Alazay à la réception, avachi dans son fauteuil, les yeux rivés sur les comptes. Dans le Journal d’une Anne, Cazalis évoque sa présence, comme celle de la petite ch**te Xavière, dont les griffes bien limées maltraitent ses bras. Alazay s’habille à la manière des Monégasques, avec ce goût du sud, et il a plaisir d’afficher son argent. Il compte les billets, les regarde de près. Mais il est là, il rassure. Il est tellement là qu’il est assimilé au propriétaire des lieux.

Aujourd’hui encore, il peut arriver de croiser son nom dans les romans comme dans « Mortel Tabou » de Gilles Schlesser (Editions. Parigrammes). Il incarne si bien la figure du taulier proche de son argent, qu’il fut, lui aussi, une source d’inspiration... Marthe, plus travailleuse, discrète comme le sont les fourmis, ancienne femme de ménage, était, quant à elle, trop occupée à laver le linge, à veiller sur ses résidents, à remplir la marmite, à enfourner le charbon qu'elle négociait âprement au marché noir dans les gros conduits au sous-sol, à élever leur petite fille…

L’Histoire de La Louisiane avance doucement, toujours tissée de ses vérités, ses efforts au travail, ainsi que ses affabulations. Ainsi se construisent les mythes et les légendes.

Illustrations : photo de la façade de l'hôtel La Louisiane avant la 1ere guerre mondiale, tableau de la façade de l'hôtel La Louisiane en 1927, photo de Marthe Alazay jeune, photos d'Elisée Blanchot dans le Jura à Villevieux, en ville, et soldat zouave sur le front des Dardanelles à la bataille de Gallipoli.

Hotel La Louisiane

Adresse

60, Rue De Seine
Paris
75006

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