09/08/2026
Depuis deux jours , l’obscurité est revenue vers minuit à Laisvallby : la magie du jour permanent, commencée début mai, s’achève.
Dans le temps normal (Chronos), c’est simplement la date où le Soleil repasse sous l’horizon, avec plus de six heures de différence entre le coucher du soleil à 21.44 et le lever du soleil vers 04.05, et dix minutes de moins chaque jour passant jusqu’au prochain solstice d’hiver.
Dans le temps parfait (Kairos), c’est l’instant unique et dense où la lumière permanente totale cède enfin place à l’ombre, signalant la fin des travaux estivaux et le début de la course contre la montre avant l’arrivée des premiers gels en septembre et de la neige début octobre. C’est l’instant juste, dense et propice où l’on tire le bilan de ce qu’on voulait faire et de ce qu’il reste à réaliser, et les conditions s’alignent parfaitement pour que l’essentiel se réalise pleinement et délaisser les projets illusoires de l’ego : avant le départ des hirondelles, il faudra collecter les plantes et les baies, tout ranger pour se préparer à l’hiver rigoureux.
Dans le temps cyclique (Aion), c’est le retour attendu immuable des courtes saisons subpolaires dans le grand cercle cosmique, et ça recommencera l’année prochaine, et l’année suivante.
Dans la lumière permanente qui s’achève, le temps semblait suspendu : plus de nuit pour mesurer les heures, plus de bascule pour rappeler que tout passe.
On habitait un éternel midi, plongés dans la lumière et on aurait pu vivre ainsi heureux pendant un million d’années.